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Conseils & Prévention

Prévenir le paludisme au quotidien : les gestes qui protègent toute la famille

Le paludisme reste l'une des maladies les plus fréquentes au Bénin, surtout chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Dormir chaque nuit sous une moustiquaire imprégnée, assainir son environnement et consulter dès les premiers signes de fièvre : des gestes simples qui sauvent des vies.

Au Bénin, presque chaque famille connaît le paludisme : une fièvre qui monte, un enfant fatigué, des journées de travail ou d'école perdues. Pourtant, cette maladie n'est pas une fatalité. Elle se prévient par des gestes simples, à la portée de tous, et elle se soigne très bien quand elle est prise à temps. Cet article rassemble les réflexes qui protègent réellement votre foyer, saison après saison.


Le paludisme, comment ça se transmet ?


Le paludisme est causé par un parasite transmis par la piqûre d'un moustique appelé anophèle. Ce moustique pique surtout la nuit, entre le coucher et le lever du soleil. Il pond ses œufs dans les eaux stagnantes : flaques, caniveaux bouchés, récipients abandonnés remplis d'eau de pluie.


La maladie pèse lourd sur notre continent. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), on estime à 282 millions le nombre de cas de paludisme dans le monde en 2024, et à environ 610 000 le nombre de décès. La Région africaine concentre à elle seule 95 % des cas et des décès, et environ trois décès sur quatre dans la région touchent des enfants de moins de cinq ans. Le Bénin fait partie des pays où le paludisme circule toute l'année, avec une intensité qui augmente pendant la saison des pluies, quand les gîtes de moustiques se multiplient.


La moustiquaire imprégnée : le geste le plus important


La moustiquaire imprégnée d'insecticide est l'un des moyens de prévention les plus efficaces recommandés par l'OMS. Mais elle ne protège que si elle est bien utilisée :


• Dormez dessous chaque nuit, toute l'année — pas seulement pendant la saison des pluies. Le moustique qui transmet le paludisme pique aussi en saison sèche. • Toute la famille est concernée : en priorité les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, mais aussi les adultes, qui peuvent tomber malades et entretenir la transmission dans le foyer. • Bordez bien la moustiquaire sous le matelas ou la natte, sans trou ni déchirure. Une moustiquaire trouée se répare (couture) ou se remplace. • Ne détournez pas la moustiquaire de son usage : une moustiquaire utilisée pour la pêche ou pour clôturer un jardin ne protège plus personne la nuit. • Si vous faites la sieste en journée, notamment avec un nourrisson, utilisez aussi la moustiquaire : certaines piqûres surviennent en fin de journée.


Les moustiquaires imprégnées sont régulièrement distribuées lors de campagnes nationales et disponibles dans les centres de santé, en particulier pour les femmes enceintes lors des consultations prénatales. Renseignez-vous auprès de votre centre de santé ou de l'agent de santé communautaire de votre quartier ou village.


Assainir la maison et la cour


Le moustique de la maison d'à côté ne connaît pas de clôture : l'assainissement est l'affaire de tous, surtout à l'approche et pendant la saison des pluies.


• Éliminez les eaux stagnantes autour de la maison : videz et retournez les récipients qui recueillent l'eau de pluie (boîtes, seaux, vieux pneus, canaris cassés, coques et coquilles diverses). • Couvrez les réserves d'eau (jarres, fûts, bassines) avec un couvercle bien ajusté. • Débouchez les caniveaux et comblez les flaques persistantes près des habitations. • Débroussaillez les alentours immédiats de la maison : les herbes hautes offrent des abris aux moustiques pendant la journée. • Le soir, portez si possible des vêtements longs et clairs, surtout pour les enfants qui jouent dehors au crépuscule.


Ces gestes, répétés régulièrement et organisés collectivement (journées de salubrité du quartier, du village ou de la cour commune), réduisent nettement le nombre de moustiques.


Protéger les plus vulnérables


Tout le monde peut attraper le paludisme, mais certaines personnes risquent des formes graves :


• Les enfants de moins de cinq ans : leur organisme n'a pas encore développé de défenses contre le parasite. C'est chez eux que la maladie tue le plus. • Les femmes enceintes : le paludisme pendant la grossesse est dangereux pour la mère et pour le bébé. Les consultations prénatales au centre de santé permettent de recevoir une moustiquaire et, selon les recommandations en vigueur, un traitement préventif administré par le personnel de santé. • Les nourrissons, les personnes vivant avec le VIH et les personnes déjà affaiblies par une autre maladie doivent aussi être protégés en priorité.


Depuis avril 2024, le Bénin a par ailleurs introduit le vaccin antipaludique dans son Programme Élargi de Vaccination pour les jeunes enfants de certaines zones sanitaires, en complément — et non en remplacement — de la moustiquaire. Renseignez-vous au centre de santé le plus proche pour savoir si votre enfant peut en bénéficier.


Fièvre : tester d'abord, ne jamais traiter à l'aveugle


Les premiers signes du paludisme apparaissent en général 10 à 15 jours après la piqûre d'un moustique infecté : fièvre, maux de tête, frissons, courbatures, parfois vomissements. Ces signes ressemblent à beaucoup d'autres maladies. C'est pourquoi toute fièvre doit être confirmée par un test avant de prendre un traitement.


• Au centre de santé, un test de diagnostic rapide permet de savoir en quelques minutes si la fièvre est due au paludisme. • Ne traitez pas à l'aveugle : prendre un antipaludique sans test, c'est risquer de passer à côté d'une autre maladie, de mal doser le traitement et de favoriser la résistance du parasite aux médicaments. • Fuyez l'automédication : les comprimés vendus au bord de la route ou au marché sont parfois mal conservés, périmés ou contrefaits. Les tisanes et remèdes improvisés retardent la vraie prise en charge, et ce retard peut coûter la vie. Sans traitement adapté, un paludisme simple peut devenir grave en 24 heures, surtout chez un enfant. • Si un traitement est prescrit, prenez-le en entier, même si la fièvre disparaît avant la fin.


Quand consulter sans attendre


Rendez-vous au centre de santé le plus proche, de jour comme de nuit, si vous observez :


• une fièvre chez un enfant de moins de cinq ans ou une femme enceinte ; • une fièvre qui persiste ou revient malgré un traitement prescrit ; • des signes de gravité : convulsions, somnolence anormale ou perte de connaissance, vomissements répétés, refus de boire ou de téter, respiration rapide ou difficile, urines très foncées, pâleur importante des paumes et des lèvres.


Chez le petit enfant, la situation peut se dégrader très vite : mieux vaut consulter une fois de trop qu'une fois trop tard.


À retenir : cet article informe, il ne remplace ni une consultation ni l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute ou de signe d'alerte, rendez-vous dans le centre de santé le plus proche.


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