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Conseils & Prévention

Vaccin contre le paludisme au Bénin : ce que les parents doivent savoir

Depuis le 25 avril 2024, le Bénin administre le vaccin antipaludique RTS,S aux jeunes enfants dans le cadre du Programme Élargi de Vaccination. Quatre doses, gratuites, qui complètent la moustiquaire sans la remplacer. Voici les réponses aux questions que se posent les parents.

Le paludisme reste l'une des premières causes de consultation et d'hospitalisation des jeunes enfants au Bénin. Bonne nouvelle : depuis 2024, une protection supplémentaire existe. Le vaccin antipaludique est désormais intégré au Programme Élargi de Vaccination (PEV) et administré gratuitement aux jeunes enfants dans les zones sanitaires couvertes. Voici, point par point, ce que les parents doivent savoir.


Une étape historique pour le Bénin


Le 15 janvier 2024, le Bénin a réceptionné ses premières doses de vaccin antipaludique : 215 900 doses du vaccin RTS,S, livrées avec l'appui de Gavi (l'Alliance du vaccin), de l'UNICEF et de l'OMS. Quelques mois plus tard, le 25 avril 2024, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le pays a officiellement introduit ce vaccin dans son Programme Élargi de Vaccination — en même temps que le Liberia et la Sierra Leone, après le Burkina Faso et le Cameroun.


Ce vaccin n'est pas un produit expérimental : le RTS,S est recommandé par l'OMS pour prévenir le paludisme à Plasmodium falciparum (le parasite le plus dangereux, dominant en Afrique) chez les enfants vivant dans les zones où la maladie circule fortement — ce qui est le cas du Bénin.


Quel est le calendrier ? Quatre doses avant deux ans


Au Bénin, le schéma retenu comporte quatre doses :


• une première dose vers 6 mois ; • une deuxième vers 7 mois ; • une troisième vers 9 mois ; • une quatrième dose avant l'âge de 2 ans.


Trois points essentiels pour les parents :


• Les quatre doses comptent. La protection se construit dose après dose ; un enfant qui n'a reçu qu'une ou deux doses n'est pas correctement protégé. L'OMS invite les parents des zones concernées à faire administrer la totalité des quatre doses, qui sont gratuites dans les centres de santé. • Le carnet de vaccination est votre repère. L'agent de santé y note chaque dose et la date du prochain rendez-vous. Gardez-le précieusement et apportez-le à chaque visite. • Un rendez-vous manqué se rattrape. Si vous avez dépassé une date, ne renoncez pas : retournez au centre de santé, le personnel adaptera la suite du calendrier.


Dans quelles zones du pays ?


Comme dans les autres pays, l'introduction s'est faite de manière progressive : au lancement, la vaccination a démarré dans une partie des zones sanitaires du pays, avant une extension à d'autres zones au fil des livraisons de doses. La couverture géographique évolue ; la liste des communes concernées à la date où vous lisez cet article peut donc être différente de celle du lancement.


Le bon réflexe est simple : renseignez-vous au centre de santé le plus proche ou auprès de l'agent de santé communautaire de votre localité. On vous dira si le vaccin est disponible pour votre enfant et, si ce n'est pas encore le cas, quelles mesures de protection privilégier en attendant.


Est-il sûr ? Est-il efficace ?


Oui, dans les limites que toute famille doit connaître honnêtement.


• Sécurité : le RTS,S est préqualifié par l'OMS, ce qui garantit que sa qualité, sa sécurité et son efficacité ont été évaluées selon les normes internationales. Il a d'abord été déployé à grande échelle dans plusieurs pays africains avant d'être recommandé pour une utilisation élargie. Comme pour les autres vaccins du PEV, des réactions légères et passagères peuvent survenir après l'injection ; signalez tout signe inhabituel à l'agent de santé. • Efficacité : selon l'OMS, les vaccins antipaludiques réduisent de plus de 50 % le nombre de cas de paludisme au cours de la première année suivant la vaccination. À l'échelle d'un pays, cela signifie beaucoup moins d'enfants malades, moins de consultations en urgence et moins de familles endeuillées. • Mais il ne protège pas à 100 %. Aucun vaccin ne le fait. Un enfant vacciné peut encore attraper le paludisme, même si le risque est nettement réduit. C'est pourquoi les autres gestes de prévention restent indispensables.


Le vaccin complète la moustiquaire, il ne la remplace pas


C'est le message le plus important de cet article. L'OMS est claire : le vaccin doit s'inscrire dans une stratégie globale de lutte contre le paludisme. Concrètement, pour votre famille :


• Continuez à dormir sous une moustiquaire imprégnée chaque nuit, toute l'année, enfant vacciné ou non. • Continuez à assainir votre environnement : eaux stagnantes vidées, récipients couverts, caniveaux dégagés, surtout en saison des pluies. • En cas de fièvre, consultez rapidement, même si l'enfant est vacciné : seul un test au centre de santé peut confirmer ou écarter le paludisme. Ne donnez pas de traitement à l'aveugle et évitez les médicaments de rue. • Poursuivez les autres vaccins du PEV : le vaccin antipaludique s'ajoute au calendrier existant, il ne remplace aucun autre rendez-vous.


Pensez au vaccin comme à une couche de protection supplémentaire : moustiquaire + environnement propre + vaccin + consultation rapide en cas de fièvre. C'est l'ensemble qui protège le mieux votre enfant.


Où se renseigner ?


• Au centre de santé le plus proche : c'est la source d'information la plus fiable sur la disponibilité du vaccin dans votre zone et sur le calendrier de votre enfant. • Dans le carnet de vaccination de votre enfant : chaque dose reçue y est consignée. • Auprès des agents de santé communautaires, qui relaient les informations du PEV dans les quartiers et villages.


Méfiez-vous des rumeurs qui circulent, notamment sur les réseaux sociaux. Les questions sont légitimes — posez-les au personnel de santé, qui est formé pour y répondre.


Quand consulter


Même avec un enfant vacciné, rendez-vous sans attendre au centre de santé si vous observez : une fièvre, des frissons ou des vomissements ; un enfant anormalement fatigué, qui refuse de boire ou de téter ; des convulsions, une respiration rapide ou une pâleur inhabituelle. Le paludisme de l'enfant peut s'aggraver en quelques heures : la rapidité fait la différence.


À retenir : cet article informe, il ne remplace ni une consultation ni l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute ou de signe d'alerte, rendez-vous dans le centre de santé le plus proche.


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