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Conseils & Prévention

Malnutrition de l'enfant : reconnaître les signes tôt, agir sans attendre

La malnutrition ne se voit pas toujours au premier regard : un enfant peut manger tous les jours et pourtant manquer de ce dont son corps a besoin pour grandir. Repérer les signes tôt et suivre la croissance au carnet de santé permet d'agir avant les complications.

Un enfant qui grandit bien, c'est un enfant qui apprend, joue et se défend mieux contre les maladies. Mais la malnutrition avance souvent en silence : elle peut toucher un enfant qui mange chaque jour, dans n'importe quelle famille, en ville comme au village. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la dénutrition intervient dans près de la moitié des décès d'enfants de moins de 5 ans dans le monde. La bonne nouvelle : elle se dépiste simplement, se prévient avec des aliments disponibles au Bénin, et se soigne d'autant mieux qu'elle est prise tôt.


La malnutrition n'a pas un seul visage


On imagine souvent un enfant très amaigri. En réalité, l'OMS distingue plusieurs formes, qui peuvent exister ensemble :


• Le retard de croissance : l'enfant est trop petit pour son âge. C'est la forme la plus fréquente et la plus discrète — l'enfant semble « normal », mais il ne grandit pas comme il le devrait. En 2022, environ 149 millions d'enfants de moins de 5 ans étaient concernés dans le monde. • L'émaciation : l'enfant est trop maigre pour sa taille. Elle survient souvent après une maladie ou une période où l'enfant a moins mangé, et peut mettre sa vie en danger. Environ 45 millions d'enfants de moins de 5 ans étaient touchés en 2022. • Les carences « invisibles » : le corps manque de vitamines et de minéraux (fer, vitamine A, iode…). L'enfant peut avoir un poids correct, mais être fatigué, pâle, souvent malade, et apprendre moins bien.


Retenez ceci : un enfant peut être mal nourri sans être maigre. C'est pour cela que le suivi régulier de la croissance est si important.


Les signes qui doivent alerter


Certains signes justifient de montrer l'enfant à un professionnel de santé sans tarder :


• La courbe de poids du carnet de santé se casse : l'enfant ne prend plus de poids, ou en perd, sur plusieurs pesées. C'est souvent le tout premier signal, bien avant que quelque chose ne se voie. • L'enfant ne grandit plus : ses habits de l'an dernier lui vont encore, il paraît nettement plus petit que les enfants de son âge. • La fonte musculaire : les bras et les cuisses deviennent fins, les côtes se voient, la peau semble flotter sur les fesses. • Des gonflements des pieds et des jambes : des pieds ou des jambes qui gonflent (la peau garde la marque du doigt quand on appuie) sont un signe de malnutrition grave. C'est une urgence, même si l'enfant ne paraît pas maigre. • Un changement de comportement : enfant apathique, qui ne joue plus, ne sourit plus, pleure sans force ou refuse de manger. • Des maladies à répétition : diarrhées, toux, fièvres qui reviennent sans cesse et dont l'enfant se remet mal.


Aucun de ces signes n'est une « faute » des parents. Beaucoup de causes se combinent : maladies répétées, sevrage difficile, période de soudure, grossesses rapprochées, difficultés économiques. Ce qui compte, c'est de consulter tôt.


Le dépistage : simple, rapide, gratuit ou peu coûteux


• Au centre de santé : à chaque pesée, le soignant reporte le poids et la taille sur les courbes du carnet. Demandez à voir la courbe et à ce qu'on vous l'explique : c'est votre meilleur outil de suivi. • Dans la communauté : des agents de santé communautaires et des relais mesurent le périmètre brachial — le tour du bras de l'enfant — avec un petit ruban de couleur. Cette mesure toute simple repère les enfants dont la maigreur devient dangereuse et permet de les orienter vers le centre de santé. • À chaque contact : vaccination, consultation pour une fièvre, visite de suivi… chaque passage au centre de santé est une occasion de faire peser et mesurer l'enfant. N'hésitez pas à le demander.


Si une malnutrition est repérée, l'enfant sera pris en charge selon des protocoles bien établis : plus la prise en charge démarre tôt, plus elle est simple et efficace.


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L'allaitement, premier bouclier


L'OMS recommande de mettre le bébé au sein dès la première heure après la naissance, puis de l'allaiter exclusivement pendant les 6 premiers mois — sans eau, sans bouillie, sans tisane. Le lait maternel apporte tout ce dont le bébé a besoin et le protège contre les infections. L'allaitement peut ensuite se poursuivre jusqu'à 2 ans ou plus, en complément des repas : entre 6 et 12 mois, le lait maternel couvre encore la moitié ou plus des besoins énergétiques de l'enfant.


La diversification à 6 mois, avec des aliments locaux


À partir de 6 mois, le lait seul ne suffit plus. On introduit progressivement des aliments variés, en continuant d'allaiter :


• Des bouillies enrichies : à la bouillie de maïs, de mil ou de sorgho, ajoutez de la farine de soja ou d'arachide grillée écrasée, un peu d'huile — la bouillie doit être épaisse, pas liquide comme de l'eau. • Des légumineuses : niébé (haricot), soja, arachide, bien cuits et écrasés. • Des œufs et du poisson : un œuf écrasé, du poisson émietté et débarrassé des arêtes — d'excellentes sources de protéines accessibles. • Des fruits et des légumes : mangue, papaye, orange, feuilles vertes bien cuites et hachées (amarante, feuilles de baobab, gboman…). • Petit à petit : quelques cuillères au début, puis des quantités et une fréquence qui augmentent avec l'âge. Un enfant malade ou en convalescence a besoin de manger plus, pas moins.


L'hygiène et la vaccination protègent aussi la nutrition


Les infections répétées entretiennent la malnutrition : un enfant qui a la diarrhée absorbe mal ce qu'il mange, un enfant qui a la rougeole se dénutrit vite. D'où l'importance de :


• se laver les mains au savon avant de préparer les repas et de nourrir l'enfant, et après les selles ; • donner de l'eau potable (ou traitée) et bien couvrir les aliments ; • respecter le calendrier vaccinal complet — la vaccination protège l'enfant des maladies qui « creusent » son état nutritionnel ; • traiter rapidement les diarrhées et continuer à nourrir l'enfant pendant la maladie.


Le suivi de la croissance, un rendez-vous à ne pas manquer


Faites peser l'enfant régulièrement, surtout de la naissance à 2 ans — la période la plus décisive pour sa croissance et son développement. Gardez le carnet de santé en bon état et apportez-le à chaque visite.


Quand consulter


Rendez-vous rapidement dans un centre de santé si votre enfant :


• ne prend plus de poids ou en perd (courbe qui stagne ou descend) ; • a les pieds ou les jambes qui gonflent ; • devient très maigre, faible ou apathique ; • refuse de manger ou de téter depuis plus d'une journée ; • enchaîne les épisodes de diarrhée ou de fièvre.


À retenir : cet article informe, il ne remplace ni une consultation ni l'avis d'un professionnel de santé. En cas de doute ou de signe d'alerte, rendez-vous dans le centre de santé le plus proche.


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